Un défi à relever au quotidien

Au laboratoire, il est fréquent que plusieurs personnes ou équipes travaillent simultanément dans la même pièce. Loin d’être un simple partage d’espace, cela représente un véritable défi qui, bien géré, devient une force.

Comprendre ces enjeux est crucial pour garantir la sécurité et la qualité des expérimentations. Découvrez pourquoi et comment optimiser cette dynamique.

Identifier les risques Spécifiques

Incontournable et souhaitable du point de vue scientifique, la coactivité peut introduire des risques importants :

Risque de contamination croisée lors de manipulations sur des équipements partagés. Elle peut être de nature mécanique, chimique ou biologique et surtout les trois à la fois !

Conflits d’espace et de ressources : encombrement des paillasses, accès difficile ou utilisation non coordonnée des instruments scientifiques et des équipements de protection collectives.

Manque de visibilité sur les activités des autres : ne pas être conscient des opérations des autres usagers peut biaiser ses décisions et réactions et induire un comportement délétère.

La communication et l’organisation sont donc fondamentales pour construire la vigilance de chacun.

Les clés d’une coactivité réussie

Une coactivité réussie réside dans la communication et la coordination. Il est impératif d’établir des protocoles clairs pour :

Informer : signaler clairement ses manipulations, l’utilisation prévue d’un équipement partagé, ou la présence temporaire de risques (affiches, étiquettes) et s’identifier comme « propriétaire » de la manip. Les autres doivent savoir à qui s’adresser notamment lors des longues expérimentations non surveillées.

Planifier : Coordonner les plannings d’utilisation des équipements critiques pour les projets et pour les opérateurs,  comme les sorbonnes et les PSM-C.

Échanger : Poser des questions, exprimer ses besoins et écouter ceux des autres pour anticiper les interactions. Aucune question superflue ou inutile n’existe lorsqu’il s’agit de travailler ensemble.

Respecter les procédures : Adhérer scrupuleusement aux protocoles et aux règles de vie du laboratoire, conçus pour la sécurité de tous et connectées aux ambitions opérationnelles et scientifiques des équipes.

Bonnes pratiques partagées

La proactivité de chacun à se protéger et protéger les autres s’appuient sur des mesures concrètes et une gestion efficace du quotidien :

Partage des décisions :  Quelles que soient les bonnes pratiques, elles doivent être connues et comprises de tous. Les meilleures procédures sont celles construites par et pour le terrain, validé par l’équipe référente S-ST·HSE·SSE.

Mise en place de plans de prévention : Définir des procédures spécifiques pour les interventions des équipes de maintenance (y compris systèmes d’information) et des sociétés prestataires.

Signalisation claire des zones et des équipements : Utiliser des affichages, des marquages au sol et sur la paillasse.

Agenda de réservation : manuel ou digitaux, les systèmes de réservation pour les équipements partagés, qu’ils soient opérationnels ou de protection, sont essentiels pour préverser la continuité des activités sans préjudice pour les projets.

Formations régulières et sensibilisation : Rappeler les règles de base en sécurité et santé au travail, notamment en risque chimique incluant les notions de cohabitation et les risques associés à la coactivité (La formation obligatoire doit être renouvelée régulièrement au vu des évolutions réglementaires et techniques).

Réunions de coordination brèves : Organiser des points réguliers, au minimum hebdomadaires et idéalement quotidiens pour anticiper les interférences. Ajouter systématiquement des points « sécu » aux ordres du jour des réunion d’équipe ou d’unité.

Ces pratiques créent un environnement de travail plus sûr et plus harmonieux pour tous.

Un levier pour l’excellence en Laboratoire

La coactivité en laboratoire est une réalité qui gérée avec rigueur et intelligence collective, devient un levier d’efficacité et de sécurité.

La mutualisation des moyens est une obligation de financement par une logique de moyen. Les techniciens, ingénieurs de recherche et chercheurs peuvent être très mobiles au cours de leur carrière : leur partage des bonnes pratiques vues ailleurs ou précédemment enrichissent une culture de communication, de respect mutuel et donc de prévention.

Un laboratoire où chacun est conscient de l’autre est un laboratoire plus performant et plus sûr.

S’abonner sur LinkedIn