Top 5 des légendes sur les sorbonnes de laboratoires
L’équipement essentiel pour travailler en sécurité au laboratoire est la sorbonne. Dans cette actualité, je vous partage ce que j’ai le plus entendu sur son utilisation.
1. La sorbonne ne fonctionne pas bien.
La preuve, elle met bien dix secondes entre le moment où j'appuie sur le bouton et le moment où elle se met en route. Je ne suis pas une spécialiste de la vitesse du son et de l'énergie mais concevez qu'il faut du temps à l'impulsion électrique de l'interrupteur de votre sorbonne pour remonter quatre étages ou plus et enclencher le moteur sur le toit. En général dans les vieux bâtiments, construits bien avant qu'on se rende compte que ce n'était pas une bonne idée des labos à tous les étages, "les sorbonnes du dernier étage, ça va mais celles du rez-de-chaussée rament".
2. Une sorbonne ne s'éteint jamais puisqu'on doit y laisser les flacons.
Là, la situation est prise dans le mauvais sens. Au mieux pour que cela soit valable ce truc, il faudrait laisser la sorbonne allumée tout le temps. J'ai bien dit tout le temps et pas toute la journée. Sinon, la nuit, insidieusement la vapeur va retourner se cacher dans tous les coins du labo et attendre patiemment le lendemain matin ou le lundi suivant pour agresser vos poumons. Et puis si la sorbonne servait à stocker les flacons, vous croyez que les armoires de stockage existeraient ?
3. Pfft mais on a acheté une sorbonne à double-vitesse, qui murmure tout doux quand on ne l'utilise pas même qu’on nous l'a vendue pour ça.
Une sorbonne à deux vitesses tourne tout doux pendant que l'équipement qu'on a laissé dessous tourne et crée quelques sources émissives, mais bon, l'écran est baissé. Donc le flux ne peut être perturbé par vos mains et ne peut point interagir avec votre nez et votre corps de rêve, d'autant plus que normalement, vous ne restez pas scotché derrière l'écran. Donc voilà pourquoi on peut baisser la vitesse qui régule le flux tout en garantissant votre sécurité. La bonne idée, c'est de remettre la sorbonne à pleine puissance avant de relever l'écran pour rajouter un peu de pirlimpouin, faire une mesure, régler un débit... toute action qui vous rapproche des polluants. Et quand tout est fini, la manip terminée, l'équipement nettoyé, les récipients encore plein rangés dans des zones plus adaptées, hop, on éteint la sorbonne et on fait des économies d'énergie. Ça tombe, bien, c'est pour cela que ce type de sorbonne a été conçu.
4. Si les sorbonnes sont larges, c'est pour y travailler à plusieurs ?
Non. Une sorbonne se dimensionne en fonction du matériel et des équipements
qu'on aura besoin d'installer pour mener son travail à bien et aussi, s'il est déjà en place, pour correspondre au système aéraulique du bâtiment. Dans tous les cas, on a, à l'arrivée, une vitesse en façade de 0.4m/s établie pour un seul travailleur.
Maintenant que vous êtes incollable sur les flux des sorbonnes et leur utilité, qu'est- ce qui se passe si on multiplie les mains dans l'enceinte ? On augmente le nombre de neurones et de cellules perdus. Donc le stagiaire qui vous regarde faire la manip pour l'apprendre, oui. Celui qui manip en même temps que vous, non.
5. La sorbonne ne protège de rien, d'ailleurs quand on reverse du tritsouinsouin, ça pue des masses, preuve que ça ne fonctionne pas.
Une sorbonne est conçue pour un mode normal de fonctionnement. Dans ce mode normal, vous transvasez et mélangez gentiment des doses contrôlées et souvent minimes de produit dans des temps limités. Si vous renversez un flacon neuf avec plein de substances odorantes, vous êtes alors dans un mode dégradé face à un moteur qui n'a pas été dimensionné pour aspirer instantanément autant de vapeurs. Quand de grandes quantités sont mises en œuvre, on installe dans des hangars ou des halles des systèmes d'extractions conséquents et on s'appelle industrie ou artisanat.
